|
Minéraux, Sphères, Oeufs & Systématique
|
|
|
L'exposition sera démontée le 08 avril 2008 ! |
|
|
![]()
|
Cliquez sur les photos pour les agrandir
Présentation
de l’exposition
Fulgurites et verres naturels : Pierres de foudre, de feu et de choc
Collection
de minéraux
Université Pierre et Marie Curie
4 place Jussieu 75252Paris cedex 05
(ouverture
de 13 à 18 heure, fermée les lundi et mardi en août et le mardi les autres
mois)
Tel : 01 44 27 52 88
|
La
collection des minéraux de l’université Pierre et Marie Curie accueille en
son sein une exposition temporaire sur les verres naturels. Une centaine
d’objets exceptionnels issus principalement de la collection Alain Carion et
d’autres collections comme celle du Muséum National d’Histoire Naturelle,
permet d’aborder ce sujet fascinant très peu connu du grand public. Pourtant,
dès l’Antiquité certains verres naturels ont été utilisés comme joyaux. Cette
exposition se déroulera du 1er août au 31 décembre 2007. Introduction Depuis
l’Antiquité, l’homme sait fabriquer du verre à partir de silice (du sable)
et de fondants (comme les cendres de plante ou bien le natron). Cette étrange
matière, dure comme la pierre, cassante comme la glace et parfois transparente
comme l’eau se trouve aussi à l’état naturel. Les verres naturels sont
d’autant plus précieux qu’ils sont rares. Ils se forment à partir de matière
minérale fondue qui a refroidi suffisamment vite pour qu’il n’y ait pas de
formation de cristaux. Les verres
volcaniques : pierres de feu Les
verres naturels les moins rares sont issus du volcanisme. Ils se sont formés à
partir d’une lave refroidie en surface au contact de l’air, de la roche ou
de l’eau. On distingue plusieurs types de verres volcaniques. Les
verres de basalte, liés au volcanisme de type hawaïen contiennent peu de
silice. La lave basaltique est très fluide et doit donc être refroidie très
rapidement. Lorsque les éruptions sont terrestres et loin d’une étendue
d’eau, on peut trouver des blocs de laves dont la surface est vitrifiée par
un refroidissement rapide au contact de l’air. L’épaisseur est cependant très
faible de l’ordre du micron (un millième de millimètre !). On trouve
ces verres sous forme de fibres ou gouttelettes lorsque la lave est projetée
dans l’air et filée à grande vitesse (ce sont les cheveux de Pélé du nom
de la déesse hawaïenne du feu et des volcans). Lorsque des bulles se forment
dans la lave et éclatent, il ne reste qu’un fin réseau de verre entre les
pores. On a alors une réticulite, sorte de mousse de verre très légère, très
rarement trouvée à cause de son extrême fragilité. On récolte aussi des
verres basaltiques sur le fond des océans près des rides océaniques où se
forment les laves en coussins ou « pillow lavas ». Les
obsidiennes sont liées au volcanisme terrestre de zones de collision. Elles
proviennent de laves riches en silice et très visqueuses. Elles sont plus fréquentes
car elles ne nécessitent pas un refroidissement très rapide. Elles sont en général
noires et parfois vertes (présence de fer). Les variétés plus rares sont de
couleur marron rouille (inclusions d’hématite) ou piquetées de petits
cristaux blancs de cristobalite (une des formes de la silice). Les obsidiennes
« arc-en-ciel » résultent de la présence de microcristaux fibreux
orientés. Les tectites
et les impactites : pierres de choc Le
nom « tectites », du genre féminin, vient du grec têktos qui
signifie « fondu ». Ces roches apparues dans la littérature il y a
deux siècles environ, ont longtemps été un mystère car on ignorait leur
origine. On les a d’abord rangées dans les collections avec les météorites
sous le vocable de « météorites vitreuses ». Depuis peu, leur
origine extraterrestre est discréditée. Grâce
aux études sur la chute des météorites sur Terre (« l’impactisme
terrestre ») et sur la formation des cratères (les « astroblèmes »),
on admet maintenant que l’origine des tectites est liée à la création des
cratères d’un diamètre supérieur à 10 km. Lors de l’impact, une certaine
quantité de matériaux fondus peut être projetée, parfois à plusieurs
centaines de kilomètres. Les tectites sont donc des fragments de matériaux
terrestres projetés loin du point d’impact d’une grosse météorite. Elles
sont constituées de silice (85%) et d’alumine (15%). Durant leur vol dans
l’atmosphère, elles adoptent généralement des formes régulières :
disques, poires, larmes, évoquant les gouttes d’un liquide visqueux
brusquement figé. Les
impactites sont des verres naturels formés au moment de l’impact. A
l’inverse des tectites elles n’ont pas été projetées dans l’atmosphère.
On retrouve dans leur composition chimique des traces de la météorite
incidente. Le verre libyque, popularisé par Théodore Monod, en est un bel
exemple. Les hommes préhistoriques s’en sont servi pour fabriquer des armes
et des outils. Les égyptiens au temps des pharaons l’ont sculpté pour
l’inclure dans des bijoux : le pectoral de Toutankhamon possède en son
centre un scarabée en verre libyque. Aujourd’hui, les plus beaux verres
libyques sont considérés comme des pierres gemmes et sont taillés. Les fulgurites :
pierres de foudre Les
fulgurites (du latin Fulgur, éclair) sont produites par la foudre. Elles ont été
trouvées au pied des dunes de la Grande Mer de Sable dans le sud-ouest de L'Egypte.
Leurs formes tubulaires sont typiques d'un éclair frappant le sable. On estime
que chaque éclair libère une énergie moyenne d’un milliard de Joules (de
quoi porter à ébullition 24 tonnes d’eau). La température de l'air atteint
momentanément 10000°C et parfois même 30000°C. Le maximum du courant mesuré
va de 10000 à 100000 Ampère mais ne dure que quelques microsecondes. Cette énergie
va faire fondre ou vaporiser le sable avec la formation d'un verre, nommé
Lechatelierite par A. Lacroix qui étudia ce phénomène dès 1915 (Le Chatelier
était un ingénieur français des mines). Certaines fulgurites tubulaires
connues dépassent huit mètres, mais leur récupération est impossible :
elles sont trop fragiles et sont le plus souvent trouvées en fragments de 10 à
15 cm, avec des diamètres variant de 5 à 20mm. La
foudre peut aussi vitrifié d’autres roches dénudées comme le granite. Ces
roches vitrifiées sont bien connues des alpinistes mais restent très rares car
elles sont vite altérées par les agents atmosphériques. Conception réalisation Alain
et Louis Carion, prospecteurs négociants Participants,
collaborateurs François
Farges, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) |
(cliquez ici pour accéder au lien en ligne du musée)