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Si un jour on
m’avait prédit que je partirais à la chasse aux météorites en
prenant le RER C pour descendre à la station Juvisy en bord de
Seine, j’aurais sans doute souri ! Et pourtant c’est ce qui
m’est arrivé pendant cinq jours à la fin de ce mois de
septembre.
Tout a commencé le jeudi 22
septembre dans ma galerie de l’Ile St Louis lorsqu’une personne
m’a dit avoir trouvé une météorite. Ce monsieur sort de sa poche
une belle pierre météoritique toute fraîche et me demande si je
peux l’aider à l’expertiser. Il faut savoir que depuis plus de
quinze ans nous avons en moyenne une trentaine de demandes
d’identifications de météorites par semaine, cela se passe par
mail ou dans notre galerie. Mon fils Louis Carion a fait une
statistique : la probabilité est de 1 météorite sur 3000 pierres
présentées et encore parmi cela 1 sur 2 provient des déserts
d’Afrique du Nord.
Dans le cas présent Mr Mosset me
montre un magnifique « caillou extraterrestre » de 88 grammes
bien typique : croûte noire, rémaglyptes, intérieur blanc,
traces de fer et de troïlite, réaction à l’aimant, l’idéal. Nous
tenons une vraie météorite de plus tombée prés de Paris. Mr Mosset
m’explique que lors d’un orage trois semaines auparavant,
surpris par une fuite d’eau sous le toit, il a fait appel à un
couvreur qui en remplaçant les tuiles cassées a trouvé cette
fameuse météorite. L’ouvrier en prélève un bout pour lui-même et
donne le reste au propriétaire. Je m’aperçois qu’il manque un
gros fragment vers le bas, celui-ci a dû glisser sous les
tuiles. Un rendez vous est pris pour le dimanche suivant sur les
« lieux de crime » !!
Nous sommes accueillis par
Mr Mosset et sa compagne qui en souriant me dit, coup du sort,
s’appeler Mme Comette (avec deux T précise t’elle) cela ne
s’invente pas ! Après notre discussion du jeudi soir il avait
soulevé les tuiles mais sans retrouver le fragment manquant.
Peut être le couvreur avait il fait un prélèvement plus
important que celui annoncé.
Ceci est une découverte
majeure, pas pour l'aspect scientifique, mais parce qu'aucune météorite connue n’était tombée à moins de 80 km
de Paris. La chute remonte à quelques semaines, sans doute
durant le mois de juillet. Le couple étant en vacances à cette
époque n’a pas entendu le bruit de l’impact. Petit sourire de
notre part quand on pense au battage médiatique concernant la
météorite bretonne et les déclarations fracassantes de certains,
pendant qu’ une météorite bien réelle tombait aux environs de
Paris en toute tranquillité.
Durant les cinq jours
suivants nous avons cerclé tout autour jusqu'à 1000 mètres
autour de la maison. Nous avons distribué des courriers aux
habitants de ce périmètre, pour l’instant sans succès. La chasse
aux Météorites est ouverte à Draveil et je reste acheteur d’une
belle pièce pour ma collection.
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